La construction paysagère d'une identité territoriale

 

- I -


IdentitŽé, territoire et paysage

 


 

 

 

L’identité d’un territoire, entre conservation et innovation


«Linvestissement affectif et culturel que les sociétés placent dans leur espace de vie fait d’un espace un territoire» [1].


Que les sociétés soient nomades ou sédentaires, qu’elles vivent au coeur d’une forêt tropicale, dans un désert, sur la banquise, dans les banlieues ou les centres-villes des métropoles européennes, les liens affectifs et culturels qu’elles tissent avec leur territoire sont toujours une composante majeure de leur identité. C’est ce que montrent aussi bien les ethnologues que les sociologues ou les géographes [2].

 

Cependant, c’est surtout lorsque la question de l’identité territoriale est associée à un problème de crise sociale ou politique qu’elle est le mieux étudiée. C’est notamment le cas lorsqu’on s’intéresse aux banlieues des grandes villes ou aux groupes sociaux issus de l’immigration, aussi bien qu’aux ethnies dont le territoire est menacé ou, dans un tout autre domaine, aux revendications autonomistes régionales.

 

Pour autant, dans des lieux plus «ordinaires», l’identité territoriale peut s’avérer être au centre des questions d’aménagement du territoire, même lorsqu’il n’y a pas de crise apparente. C’est ce qu’a révélé, en tout cas, l’étude des attentes sociales faite à l’occasion d’un projet de réaménagement d’une station balnéaire des Côtes-d’Armor : Sables-d’Or-les-Pins. [3]

 

Ces attentes sociales, formulées par les commanditaires du projet ou par les différents acteurs interrogés, qu’ils soient partisans d’un changement ou d’un certain immobilisme, sont généralement exprimées en termes esthétiques et fonctionnels (le beau et le bien). Pourtant, il apparaît très vite que, l’esthétique et le fonctionnel des uns n’étant pas ceux des autres, la réponse ne peut se formuler simplement en termes d’embellissement et d’optimisation des fonctions. Il faudrait d’abord parvenir à une définition du type de territoire qu’attendent les différentes populations concernées. S’agit-il d’une station balnéaire ou d’une station touristique, d’une ville-jardin ou d’un country-club ? L’activité dominante doit-elle être le tourisme, le loisir ou la villégiature ? La saison dite haute doit-elle être limitée aux trois mois d’été, aller de Pâques à la Toussaint ou s’étendre toute l’année ?

 

Toute décision concernant l’aménagement ou la gestion de ce territoire doit passer par la réponse à ces questions. Et celles-ci se résument en une seule : quelle doit être l’identité d’un lieu comme Sables-d’Or-les-Pins ?

 

(…/…)

[1] - Chantal Blanc-Pamard et Laurence Quinty-Bourgeois, in Joël Bonnemaison, Luc Cambrezy et Laurence Quinty-Bourgeois (dir.): Les territoires de l'identité, tome 1 de Le territoire, lien ou frontière ? Paris : l’Harmattan, 1999, page 12.


[2] - cf. Bonnemaison et al. : Les territoires de l'identité, op. cit.


[3] - Laure Planchais, Léna Bouzemberg, Roland Vidal (et al.) : Étude de définition pour la re-qualification de la traversée de Sables-d’Or-les-Pins. Non publié, 1999.

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© Roland Vidal 2015 • Dernière mise à jour : 27-01-2017