LES AGRICULTURES PERIURBAINES : UN ENJEU POUR LA VILLE

 

Vers des projets de territoire

 

APPEL À CONTRIBUTION

 

 

 

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Le laboratoire GECKO de l’Université de Paris X-Nanterre et l’École Nationale Supérieure du Paysage (partenaire de l’UMR SADAPT – INRA-INAPG) organisent un colloque sur les agricultures périurbaines. Il se tiendra à l’Université de Nanterre du 10 au 12 Octobre 2007 (deux journées de colloque et une journée de terrain). La publication des actes de ce colloque est prévue.


Comité scientifique : Moez Bouraoui (Institut National d’Agronomie, Sousse), Christopher Bryant (U. de Montréal), Pierre Donadieu (ENSP), Jean-Paul Charvet (U. Nanterre), Claudine Durbiano (U. Aix en Provence), André Fleury (ENSP), Yves Hanin (U. de Louvain-la-Neuve), Joe Nasr (U. Ryerson, Toronto), Monique Poulot (U. Nanterre), Dietrich Soyez (U. de Cologne), Christian Thibault (IAURIF), Roland Vidal (ENSP)


Responsables : Monique Poulot (U. Nanterre), André Fleury (ENSP), Roland Vidal (ENSP).

 

Les nouveaux modes d’habiter et l’automobilité grandissante des sociétés ont profondément transformé la forme de la ville, de la ville dense à la ville éclatée. Cet étalement urbain (urban sprawl) a donné naissance à un espace original, hybride, qui présente des aspects de marge ou d’entre-deux, avec des caractères simultanément urbains et ruraux : cet espace dit périurbain se caractérise par la prédominance d’espaces ouverts, notamment agricoles qui, de simples réserves pour l’urbanisation dans les années d’après-guerre, sont devenus des éléments essentiels du cadre de vie des habitants de la ville élargie. La forte attirance pour les aménités rurales (les produits, mais aussi le besoin de “ nature ”, d’espace, de liberté…) se traduit par une reconnaissance de la pertinence de l’agriculture au sein du système urbain dont elle contribue à améliorer la qualité de vie ; dorénavant perçue comme une activité aux fonctions multiples, ne répondant plus aux seuls impératifs de production de denrées agricoles, l’agriculture se voit restaurée dans sa relation avec la ville. Dans cette nouvelle configuration, les espaces agricoles du périurbain sont de plus en plus considérés comme des partenaires des nouvelles formes urbaines et des territoires organisés par la ville –surtout quand la notion de “ ville durable ” veut désormais fonder la plupart des pratiques de ceux qui construisent la ville. Dans cette reconfiguration, l’agriculture, qui a su au cours de son histoire intégrer à son fonctionnement de nombreuses innovations technologiques – comme le chemin de fer ou la réfrigération – aussi bien que les recompositions spatiales qu’elles ont induites, est amenée aujourd’hui à s’adapter à de nouvelles mutations.


Ce colloque propose de rassembler les expériences conduites aussi bien sur le plan théorique par des chercheurs de différents horizons que sur le plan pratique par les acteurs de projets impliquant l’agriculture dans ses relations à la ville. Les nouvelles imbrications en construction entre villes et campagnes requièrent des formules originales intégrant des logiques longtemps considérées comme contradictoires : urbaine et agricole, environnementale et économique. Loin des seules pratiques de zonages décrétées avec un strict partage spatial des activités, elles s’apparentent à des démarches souples associant les différents acteurs autour d’un projet de territoire qui inclut le maintien et la promotion d’une agriculture devenue “ bien public commun ” dans son processus de développement urbain. Il s’agira de voir comment ces procédures d’aménagements à l’œuvre autour des grandes agglomérations évoluent aujourd’hui vers l’invention de nouveaux territoires – à l’image des projets de territoires agri-urbains institutionnalisés en France depuis 2001 – qui intègrent leur agriculture périurbaine dans leur projet de développement urbain et associent pour leur gouvernance acteurs urbains et ruraux.


Les communications attendues s’inscriront dans l’un des thèmes correspondant aux trois sessions du colloque qui, durant les trois premières demi-journées, mettront respectivement l’accent sur la position des agriculteurs dans leurs nouvelles relations à la ville, le rôle de l’agriculture dans les projets urbains, et les différences et convergences entre les Nords et les Suds. Les contributions centrées sur des études de cas feront l’objet de discussions en ateliers dans la dernière demi-journée.

 

Session 1 : Agriculteurs et agricultures dans leur relation à la ville

 


Les évolutions contradictoires et nécessaires des métiers de l’agriculture ont débouché sur la notion d’agriculture multifonctionnelle. En effet, si l’agriculteur est un producteur de biens agroalimentaires, il participe aussi à la création de biens immatériels comme la qualité d’un paysage rural ou le goût du “ terroir ”. Cette tension s’applique tout particulièrement aux agricultures périurbaines insérées dans des systèmes agricoles régionaux et comprises par les nouveaux habitants comme les infrastructures vertes de leur nouveau cadre de vie.


Cet atelier souhaite recenser les stratégies et les nouvelles dynamiques à l’œuvre dans un monde agricole s’ouvrant aux souhaits et aux besoins de la société urbaine dominante.


Quelles stratégies les agriculteurs mettent-ils en œuvre pour s’adapter à la proximité urbaine, aussi bien pour mieux résister aux contraintes qui en découlent que pour tirer parti des nouvelles ressources qu’elle peut engendrer ?


Comment passent-ils de la simple diversification de leur production destinée à satisfaire de nouveaux marchés (circuits courts, agriculture bio, etc.) à une pluri-activité leur permettant de répondre à des attentes autres qu’alimentaires (fermes pédagogiques, gîtes ruraux, agri-tourisme, etc.) ?


Comment répondent-ils, directement ou indirectement, aux attentes citadines de cadre de vie, construisant ainsi une forme d’économie agricole à dimension multifonctionnelle ?
Comment la modernité de l’agriculture trouve-t-elle sa place face à une demande citadine souvent nourrie d’images traditionnelles et de valeurs patrimoniales ?


Il s’agira tout particulièrement de voir comment le concept d’agriculture est amené à évoluer du fait du renouvellement de ses relations à la ville, et quels sont les éléments de différenciation en fonction des caractéristiques agricoles (systèmes de production, pratiques et trajectoires agricoles, formes de faire-valoir, insertion territoriale…) mais aussi des rapports à la ville et des rapport des urbains à la campagne. En quoi cette agriculture est-elle innovante et comment cette innovation progresse-t-elle?

Session 2 : Agriculture et projet de territoire urbain

 


Cet atelier veut interroger la place et le rôle de l’agriculture et des agriculteurs dans les projets de territoire en émergence dans l’espace périurbain. Ce n’est plus simplement le maintien d’une ceinture verte autour des villes qui est en jeu mais la recherche de nouvelles imbrications entre espaces agricoles et sociétés urbaines. Il s’agira tout particulièrement d’identifier comment les agriculteurs deviennent des acteurs territoriaux et quels sont les outils facilitant leurs actions.


Quels types de territoires urbains se structurent en lien avec le monde agricole ?  Comment le territoire agricole, fruit des relations entre la population agricole et son espace cultivé, peut-il s’articuler avec le territoire urbain, fruit des relations de la population citadine avec sa campagne ?


Quelles sont les agricultures concernées ? Quelles fonctions ou valeurs de l’agriculture y sont privilégiées ? Comment y apparaît le débat nature/agriculture ? Quel doit être le rôle de l’agriculture dans le maintien des espaces ouverts et la construction de “ paysages-infrastructures ” propices au développement économique ? Dans ces projets, l’agriculture est-elle un outil de cohésion ou de fracture sociale et spatiale ?


Quelles sont les échelles des projets agriurbains ? Peut-on les penser comme des modèles utiles à une planification d’échelle régionale ? La mise en réseau des expériences est-elle la clé qui permettra de passer de l’initiative locale au projet de territoire à l’échelle de la région urbaine ? Quelles organisations spatiales sont-elles mobilisées ?


Quels sont les acteurs qui portent l’agriculture dans ces différents projets ? Comment les agriculteurs interviennent-ils ? Comment s’articulent les acteurs ? Quelle forme de gouvernance voit-on se mettre en place ? Comment l’agriculture, en tant qu’activité économique dotée de sa propre logique spatiale, peut-elle s’intégrer dans ces nouveaux territoires et ces nouveaux modes de gouvernance territoriale ?


À travers quels outils la place de l’agriculture est-elle intégrée ou mobilisée (pays, PNR, PLU, SCOT…) ? Qu’en est-il du foncier ? Quelles représentations pour ces territoires et quelles actions sont mises en œuvre ?

Session 3 : Différences et convergences entre les Nords et les Suds

 


Les communications relatives à cette session ne seront pas nécessairement des approches comparatives entre nord et sud. Elles pourront relater des expériences singulières, mais on s’efforcera de synthétiser ce qui, dans ces expériences, est susceptible d’être transposable ou, au contraire, ce qui apparaît spécifique aux Nords ou aux Suds.


Entre la fonction première d’une agriculture productrice de denrées alimentaires et son nouveau rôle de gestionnaire de cadre de vie, comment se différencie la hiérarchie des attentes sociales entre les pays du nord et ceux du sud ?


Pour expliquer les nouvelles fonctions de l’agriculture urbaine, la notion de paysage est-elle pertinente dans les pays du sud, ou reste-t-elle un concept importé et mal assimilé par la majorité des habitants ?


À l’inverse, la fonction alimentaire, qui connaît un renouveau dans les pays du nord, représente-t-elle une réelle préoccupation en termes de sécurité alimentaire, ou reste-t-elle anecdotique et d’une importance économique nécessairement limitée ?


Les questions relatives à l’environnement ont-elles, quant à elles, une valeur plus universelle permettant de considérer, de ce point de vue, le rôle de l’agriculture de façon similaire au nord et au sud ?


Le rôle des femmes et des réseaux familiaux est-il un facteur différenciant nettement les pays du sud de ceux du nord ?

 

Ateliers

 


Atelier 1 : Agricultures périurbaines et expériences franciliennes
Thèmes envisagés : Programmes agri-urbains ; projets de Zone d’agriculture protégée ; mise en réseau des expériences ; parcs naturels régionaux ; produits de terroirs, labels et marques...


Atelier 2 : Agricultures périurbaines et gestion des risques environnementaux
Thèmes envisagés : gestion de l’eau ; gestion des incendies ; utilisations des déchets urbains ; pollutions réciproques...


Atelier 3 : Agricultures périurbaines et développement local
Thèmes envisagés : vente directe et circuits courts ; AMAP ; insertion sociale...


Atelier 4 : Agricultures périurbaines, paysage et patrimoine
Thèmes envisagés : paysages identitaires (arbres, vergers, vignes, céréaliculture et grand bocage...) ; sites remarquables ; reconversions du bâti rural...

Les propositions de communication doivent être soumises sous forme d’un résumé d’une page environ, accompagné de quelques mots-clefs. Elles doivent parvenir avant le 15 avril 2007 et être adressées par mail aux trois adresses indiquées sur la fiche d’inscription jointe.


Les réponses seront communiquées aux auteurs à l’issue de la réunion du comité scientifique, au cours du mois de mai 2006.

 

 


Note : cet appel a été diffusé le 31 janvier 2007. Plus de 70 réponses nous étaient parvenues à la date limite. Elles ont été soumises pour sélection au comité scientifique qui en a retenu 48. Le programme a ensuite été légèrement modifié pour s’adapter aux propositions retenues.

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© Roland Vidal 2015 • Dernière mise à jour : 27-01-2017