Valorisation des eaux pluviales et grises pour un projet agriurbain à la Soukra (Tunisie)

 

 

 

 

 

Fédération des clubs UNESCO-ALECSO de Tunisie

Club "Savoir et développement durable"

 

 

Projet financé par le CRDI

Titre du projet

 

« Amélioration des conditions techniques et socioéconomiques pour la gestion intégrée des ressources en eau et en sols aux fins de l'agriculture urbaine dans les quartiers pauvres de la ville de la Soukra, dans le gouvernorat d'Ariana en Tunisie »

 

Ce projet fait partie de l'initiative de recherche visant des villes ciblées de PURE. Le projet a pour objectif général l’amélioration des conditions socioéconomiques de la population défavorisée de la ville de Soukra, dans le gouvernorat d'Ariana, par la valorisation des eaux pluviales et des eaux grises aux fins de l'agriculture urbaine et périurbaine.


 

Présentation détaillée

 

Extrait d'un article présentant le projet au Colloque international "Les agricultures périurbaines, un enjeu pour la ville, Nanterre, octobre 2007 (voir la page web)


Valorisation des eaux pluviales et grises en agriculture urbaine pour l’amélioration des conditions socio-économiques des populations défavorisées : Le cas de la ville de Soukra dans le Grand Tunis

 

Par Moez BOURAOUI et Boubaker HOUMAN
Institut Supérieur Agronomique de Chott Mariem et Faculté des Sciences de Tunis
Club UNESCO/ALECSO " Savoir et Développement Durable " de Tunis

 

 

I. Introduction

 

En Tunisie, la planification urbaine comme mode de régulation de l’espace a vu le jour au début des années 1970. Les projets d'habitats publics étaient sélectivement destinés aux classes solvables. Les citoyens les plus démunis se concentraient, quant à eux, dans des quartiers non réglementaires implantés tout particulièrement dans les zones périurbaines des grandes villes. Cette situation a été peu à peu maîtrisée avec la création, en 1981, de l'Agence de Réhabilitation et de Rénovation Urbaine (A.R.R.U.) qui s’est engagée depuis dans plusieurs projets de réhabilitation des quartiers populaires. Un inventaire des besoins établi par l'A.R.R.U, vers la fin des années 1980, a d’ailleurs révélé l'existence de plus d'un millier de quartiers spontanés non viabilisés. A partir de là et sous l’impulsion d’une volonté politique nouvelle, une importante révision des stratégies de planification urbaines a vu le jour dés le début des années 1990. Les principaux programmes et projets qui ont marqué cette nouvelle orientation sont :


- la promulgation, en 1994, d'un code de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme ;
- le lancement, en 1994, de l'étude du schéma directeur d'aménagement du territoire national ;
- le lancement, en 1995, de l'étude du schéma directeur d'aménagement du Grand Tunis ;
- l’élaboration, entre 1993 et 2000, de plusieurs plans d'urbanisme de communes.


Cependant et en dépit de ce fort engagement de l’Etat, l’analyse de la situation actuelle montre que le processus de prolifération des quartiers spontanés demeure peu maîtrisé notamment autour des grandes villes induisant de la sorte des difficultés d’aménagement, de gestion intégrée des ressources naturelles et développement viable.

 

Dans le Grand Tunis, en particulier, là où vivent environ 2,3 Millions d’habitants (soit plus de 20% de la population tunisienne), l’extension rapide du tissu urbain aux dépens des espaces agricoles et naturels s’est traduite, au cours des trente dernières années, par la multiplication de quartiers populaires périurbains, l’émergence de difficultés importantes de planification et d’aménagement et la diversification des contraintes dans la gestion intégrée des ressources en eau et en sol.

 

Le projet de recherche-action proposé par le chercheurs du Club UNESCO/ALECSO " Savoir et développement durable " de Tunis s’inscrit dans ce cadre. Pluridisciplinaire et participatif, il vise à relayer et appuyer les programmes régionaux et nationaux en matière de gestion durable des ressources naturelles en milieu urbain et d’amélioration de la qualité de vie des populations notamment celles des cités populaires. Sa mise en application sur le terrain se produira dans les quartiers défavorisés de la ville de Soukra. Située à seulement 6 km de la capitale Tunis, il s’agit d’une petite ville en pleine mutation socio-économique et spatiale et où les terres agricoles occupent encore environ 50% de sa superficie totale.

 

Jusqu'à la fin des années 1960, la plaine de Soukra correspondait à une véritable ceinture verte de la ville de Tunis. L'utilisation des eaux usées traitées, dès le début des années 1970, en complément aux eaux de la nappe, a permis d'entretenir l’activité agricole, mais elle a également été à l’origine d’une réduction dans le choix des cultures. Actuellement, 62% de la superficie agricole est en friche. Les principales causes de cette situation sont :


- la réglementation stricte concernant l’utilisation des eaux usées traitées. Cette restriction a réduit le spectre de la diversification culturale et a été à l’origine d’une baisse de rentabilité de l’activité agricole, d’une démotivation des agriculteurs et par conséquent de l’extension progressive des terres en friche ;
- la vulnérabilité d’une partie des terres agricoles à l’inondation ;
- la salinité des eaux de la nappe phréatique.


D’un autre côté, l’abondance des terres en friche dans la ville de Soukra ne cesse de susciter l’intérêt des spéculateurs fonciers. Avec cet intérêt, de plus en plus croissant, l’enveloppe urbaine s’est largement étendue. Jusqu’au milieu des années 1980, la surface bâtie ne représentait qu’à peine 18% de l’ensemble du territoire local, elle couvre aujourd’hui près de 40% avec des quartiers résidentiels installés au sein et autour des vergers, et des quartiers spontanés et pauvres en marge de la ville.

 

L’objet de la présente contribution consiste donc à présenter, de manière assez sommaire, les objectifs de la recherche, la méthodologie à appliquer et les outils du suivi et dévaluation de notre action. Mené par des chercheurs de différentes disciplines, des professionnelles de l’aménagement du territoire et de la planification urbaine ainsi que par les ONGs locales, ce projet de recherche fait partie de l’initiative de recherches villes ciblées du programme Pauvreté Urbaine et Environnement (Focus Cities Research Initiative : UPE-FCRI) du Centre de Recherches pour le Développement International du Canada. Il est financé par ce centre à hauteur de 1,2 Million de $ CAD et s’étalera sur une période de 4 ans (2007-2011).

 

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Partenaires

 

Municipalité de La Soukra

 

Institut National de Recherches en Génie Rural, Eaux et Forêts (INRGREF)

 

Direction de l’Aménagement de l’Espace Rural du ministère de l’Agriculture et des Ressources Hydrauliques

 

Office National de l’Assainissement (ONAS)

 

Alliance de Développement des Femmes rurales - Union Nationale de la Femme Tunisienne (UNFT : Bureau de l’Ariana)

 

Direction Générale de l’Aménagement du Territoire – Ministère de l’Équipement et de l’Aménagement du Territoire

 

Association Tunisienne d’Aide aux Sourds (ATAS : Section de l’Ariana)

 

Jeune Chambre Economique (JCE) de la Soukra

 

Commissariat Général du Développement Régional (CGDR)

 

Resource Centres on Urban Agriculture and Food Security (ETC/RUAF)

 

Ecole nationale supérieure de paysage de Versailles (ENSP)

 

 

La page Valeas est associée au Collectif d'enseignement et de recherche en agriurbanisme et projet de territoire (CERAPT)

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© Roland Vidal 2015 • Dernière mise à jour : 27-01-2017